Saturday, August 19, 2017

La comparaison......

Aujourd'hui Kino MacGregor est à Paris, dans un des Studios MicaDanses pour tout le weekend. Ce matin en arrivant au studio la rue était pleine d'Ashtangis avec leur tapis de yoga. 

En parallèle je rejoignais notre formation de Yoga à Paris dans la salle d'à côté.

J'ai eu un moment "Kino est à côté"...... dois-je me précipiter dans la rue pour faire un selfie avec elle? Moi aussi je suis prof de yoga mais qui je suis à côté de la Grande Kino?

Puis j'ai levé la tête et j'ai regardé les étudiants. C'est la fin de la troisième semaine, ils finalisent et peaufinent leur module qu'ils enseigneront à tour de rôle la semaine prochaine.

Formation Vinyasa Yoga Paris Août 2017 - Samyak Yoga France

Et j'ai pensé que tout était à sa place. Je ne suis pas Kino MacGregor. Je n'ai pas ses capacités, son savoir, sa flexibilité, son expérience.

Je suis moi.

Je rencontre des gens merveilleux que je vois évoluer au fil des semaines. Des pratiquants qui ne croyaient pas en eux, qui pensaient ne jamais pouvoir enseigner, jamais ils ne pourraient se plier dans telle ou telle posture, jamais ils ne pourraient prendre la parole devant une audience.

Aujourd'hui je vois des sourires et des visages épanouis.

Je connais les critiques, à tout niveau je les ai subies, "les formations de 200 heures c'est n'importe quoi, on ne forme pas les gens au yoga sur un mois", "elle n'a pas le niveau, moi aussi je peux le faire aussi bien qu'elle", "elle ne connaît pas son sujet", "on ne voit jamais des photos de sa pratique sur internet", "pour qui elle se prend" etc...

J'ai effectivement pensé que je n'avais pas ma place dans le monde du Yoga, je ne serai jamais une Asthangi confirmée, je n'obtiendrai jamais "l'autorisation du Shala", j'ai peur dans les positions en équilibre sur les mains, je ne peux pas enseigner des postures en-dehors de ma portée. 

Je me suis autorisée 7 mois juste pour moi, pourquoi vouloir enseigner dans ces conditions? Je suis partie pratiquer avec Iain Grysak, David  Swenson, Mark Robberds, Deepika Mehta. Je me suis nourrie d'eux, mon corps m'a un peu lâché au passage mais j'ai pu réadapter mes pratiques et évoluer différemment.

J'ai rencontré des Ashtangis confirmés dans leur pratique et qui tentaient de reproduire une pâle copie de l'enseignement de Sharat en se trompant dans les comptes. J'ai décidé de ne pas faire cette erreur, si je dois enseigner l'Ashtanga je le ferai une fois que mon comptage de Vinyasa sera assimilé et non pas en voulant imiter qui que ce soit.

J'ai eu des conversations avec des pratiquants incroyables qui pourtant n'avaient pas confiance en eux et se cherchaient.

Des échanges avec une femme de 60 ans qui en paraît 20 de moins (sans chirurgie!) et qui avait atteint un tel niveau de plénitude et de compréhension de l'être humain que j'en suis restée émue pendant plusieurs jours.

Puis je suis revenue sur le chemin de l'enseignement. Avec mes peurs et mes doutes. Pour ajouter à la difficulté la formation à Paris que je devais faire avec Arvind allait avoir lieu sans lui car son visa lui avait été finalement refusé.

Je me suis retrouvée avec 20 aspirants yogiques devant moi, seule. Avais-je vraiment deux choix? Paniquer ou foncer? Je n'y ai pas pensé, il était temps pour moi de m'exprimer. Après quatre années dans l'ombre c'était le moment pour moi d'éclore.

Je me suis dis sois honnête avec toi même, enseigne avec le cœur et fais toi confiance.

Et j'ai réalisé que j'avais une mine d'or d'informations qui ne souhaitait qu'être partagée sans limite. Ce qui marche pour moi peut très bien marcher pour les autres, rendre les choses et les sujet accessibles de la manière la plus agréable possible sans se positionner comme un "gourou" qui sait tout. Je me suis rendue compte au fil des jours que je connaissais mon sujet bien plus que je ne l'aurai imaginé.

J'ai aussi réalisé un autre rêve, il y avait deux professeurs et amies Muriel et Carolina avec qui je voulais travailler depuis pas mal du temps. La chance et la destinée furent avec moi. Elles étaient disponible en plein mois d'août et acceptaient de venir enseigner la philosophie et l'anatomie.

Muriel Adri - Muses Yoga

Carolina Sendic - Pilates Carolina Sendic

Tout ça est arrivé à un moment de ma vie où j'avais besoin de changement, je ne savais plus quel virage prendre, je ne savais plus où aller, j'avais perdu le goût et l'envie d'enseigner.

Ce que je pensais être insurmontable a été en fait une suite logique de ma démarche des 7 derniers mois, un aboutissement.

Oui Kino enseigne à côté, non je ne suis pas Kino et je ne souhaite pas le devenir non plus. Est-ce que j'ai autant le droit d'enseigner le Yoga que Kino qui a une expérience bien plus large que la mienne? Fondamentalement je pense que oui.

Je lève la tête de mon écran et je vois 20 yogis devant moi qui préparent et s'enseignent mutuellement leur module, je vois leur visage et leur sourire, je vois leur corps délié et la confiance grandir en eux. Je les trouve beaux. 

C'est bien plus qu'une histoire d'argent, c'est une aventure humaine. Je me dis qu'à chaque fois qu'ils enseigneront ils auront peut être une petite pensée pour cette formation tout comme lorsque j'enseigne j'entends les conseils de Iain Grysak ou Mark Robberds dans ma tête.

La comparaison est quelque chose de destructeur, on compare la taille de ses cuisses avec celles que l'on voit affichée dans les magasines, on se juge en pensant que les autres connaissent plus de choses que nous, on se met des barrières car on a peur de se faire confiance, on s'imagine tout le temps qu'un être suprême à une meilleure réponse à nous donner que celle que l'on croit connaître.

Alors que non, la réponse est en nous depuis le début de notre existence. On sait et connaît bien plus de choses que l'on pourrait croire, il suffit pourtant de s'écouter et surtout de se faire confiance, de s'aimer et d'apprendre à se connaître, d'entretenir une relation amoureuse avec nous même, de nous respecter et de s'accepter. 

Toutes les critiques que l'on peut recevoir ne sont que le reflet des pensées des personne qui les distillent, au lieu de se sentir acculé contre un mur on devrait les utiliser pour nous permettre d'avancer sans se retourner.

Je suis maintenant sereine et prête à me lancer dans mon nouveau projet.

Merci Muriel Adri (Muses Yoga) et Carolina Sendic (Carolina Pilates).

Merci Karine, Julie, Alice, Isabelle, Marion, Christelle N., Scarlet, Ahmid, Claire, Sarah, Nancy, Sophie, Christelle D., Christine, Pauline, Alexandra, Cécile, Maud, Vanessa et Véronique.

- Namaste -

Monday, July 17, 2017

Comment savoir si l'on est prêt à enseigner après une formation?

Après la question fatidique de "Est-ce que vous enseignez l'anatomie", la deuxième question relativement récurrente des personnes qui s'inscrivent est de savoir si après la formation ils peuvent enseigner?

La question peut sous-entendre deux choses.

La première : Est-ce que le diplôme de yoga me donne le "droit" d'enseigner sous entendu de manière légale. La réponse est toujours non car le Yoga n'est pas une profession réglementée, de ce fait avec ou sans diplôme tout le monde peut enseigner le Yoga.

Pour pouvoir enseigner une activité physique et sportive en France il faut détenir un diplôme d'état ou alors un CQP. La plupart des professeurs enseignent avant tout des asanas considérés comme une activité physique sportive. Donc légalement si l'on souhaite rester dans les clous il faudrait détenir un diplôme d'état.

Il est à noter que si la réglementation était mise en place, s'il y avait un contrôle de tous les studios de France ils fermeraient et le nombre de personnes enseignant le Yoga serait moindre. Faut-il pour autant s'en inquiéter ? Je n'ai pas la réponse, je n'enseigne plus en France depuis 4 ans et je n'ai entendu personne qui enseigne avoir eu un quelconque problème avec ça.

D'un point de vue spirituelle de la pratique il n'y a pas de réglementation. 

Vous pouvez consulter ces deux articles :


Il est important de savoir et de comprendre que le Yoga n'est pas une profession réglementée tout comme d'autres activités holistiques (Méthode Pilates, Méthode Gyrokinesis et Gyrotonic (c), Feldenkrais, etc).

***

La deuxième chose que soulève la question "est-ce que je peux enseigner après une formation de Yoga" est de savoir si l'on va avoir les outils nécessaires pour le faire.

C'est une bonne question dès lors que l'on investit non seulement de sa personne pendant une formation mais aussi de l'argent, il est donc important de savoir où l'on met les pieds.

La réponse en revanche n'est pas évidente. D'un point de vue purement commercial on pourrait vous vendre une formation de Yoga en vous garantissant à 100% que vous allez enseigner tout de suite après avoir eu votre joli diplôme en poche, le tout avec des pacotilles et des lumières qui clignotent aux couleurs de l'arc-en-ciel.

D'un point de vue purement réaliste personne ne peut le savoir (si vous pouvez enseigner)..... si ce n'est vous-même !

Samyak Yoga - Cambodge TTC Février 2016


Est-ce que 200 heures sont assez pour enseigner

Si ce sont vos premières 200 heures et qu'auparavant vous pratiquiez le Yoga de manière lamba j'aurai tendance à dire non.

Si vous avez derrière vous un bagage d'enseignement et une pratique régulière depuis 3 ans, j'aurai tendance à dire oui.

Mais j'émets des doutes dans les deux cas.

Ces quatre dernières années j'ai vu des étudiants qui n'avaient pas de bagage yogique et qui ont un peu ramé la première semaine de formation, voir toutes les semaines, puis au lieu de se poser des questions ce sont tout de suite lancés dans l'enseignement tout en continuant à pratiquer. Au jour d'aujourd'hui ils continuent d'enseigner, certains ont ouverts des studios, d'autres organisent des retraites dans le monde et ça fonctionnent très bien pour eux car ils y ont cru dès le premier jour et se sont trouvés dans la pratique du yoga.

J'ai vu aussi le contraire, des étudiants avec une pratique de dingue, des asanas splendides, des connaissances philosophiques pointues......  avec une pédagogie complètement absente. Ils enseignent mais ils rament un peu. Certains ont décidé de garder le Yoga comme un travail à temps partiel. 

De la même manière dans ma quête Ashtangique (si je puis dire) j'ai pris des cours avec des enseignants qui étaient autorisés par le Shala et pourtant étaient de très mauvais pédagogues. En revanche avec d'autres qui n'étaient pas "reconnus" ni certifiés par le Shala étaient super bons.

La fibre pédagogique n'est pas quelque chose qui vient en un mois c'est quelque chose que l'on cultive. Il faut aussi avoir le désir de vouloir partager nos connaissances sans pour autant faire le show en montrant ce que l'on sait faire. 

Il faut être prêt à ne pas être aimé ou apprécié, il faut pouvoir accepter de se remettre en question continuellement. 

Si vous voulez enseigner dans l'espoir d'être aimé en retour ça ne fonctionnera pas.

Maintenant la notion de "j'aime" / "j'aime pas" est un point de vue très personnel. Une personne pourra détester votre cours tout comme dans le même cours une autre personne l'aimera. Si vous êtes un temps soi peu sensible vous allez vite expérimenter des montagnes russes émotionnelles.

Est-ce que je peux enseigner si je ne pratique pas ?

D'un point de vue physique que représente la part des asanas, si vous ne pratiquez pas physiquement votre séquence ou n'importe quelle séquence de manière régulière je reste assez catégorique là-dessus, la réponse est non.

Est-ce qu'un professeur de langue peut enseigner une langue qu'il ne connaît pas? Non.
Est-ce qu'un pianiste qui fait un récital peut le jouer sans l'avoir pratiqué? Non.
Est-ce qu'un boulanger fait du bon pain s'il ne connaît pas la recette? Non.

La règle est assez facile. On enseigne ce que l'on connaît et ce que l'on pratique. Si vous décidez d'enseigner de l’Accro Yoga mais que vous n'en n'avez fait qu'une fois, avec toute la bonne volonté du monde ça va être très difficile.

Samyak Yoga - Paris TTC Août 2016

Il y a des formations de Yoga durant lesquelles l'étudiant n'enseigne que très peu, voir pas du tout et d'autres où l'étudiant enseigne tout de suite et ce tout au long de la formation. Bien sur ça peut faire hurler les yogis déjà en place et qui se demandent "mais comment ils peuvent enseigner quand ils n'ont aucune expérience!!!".... oui mais à un moment donné il faut bien commencer quelque part il me semble.

On peut attendre, assimiler et faire d'autres formations avant de se lancer.

On peut aussi se jeter à l'eau directement. 

C'est donc très personnel et individuel. Il n'y a pas de règle. Si l'on attend trop on peut finir par ne jamais le faire, l'avantage de se jeter à l'eau tout de suite c'est qu'on peut voir assez vite si cela nous convient.

Il faut aimer enseigner.

Il faut bien évidement continuer à se former et pratiquer autant que possible.

Il n'est pas utile de se déguiser pour donner un cours de yoga. Arriver sur le tapis avec le mala autour du cou, des bracelets aux chevilles, aux poignets, un bindi sur le front, un fichu sur les cheveux, tout ça ne sert à rien.... sauf si bien évidement c'est un look que vous abordez depuis longtemps. Ce que je veux dire c'est qu'il ne faut pas être "plus spirituelle" que vous ne l'êtes, rester dans votre vérité et surtout rester simple et authentique.

Si tant est vous décidez d'opter pour le look indien sachez que :

1. Le bindi ou "bindu" en sanskrit ou "binhiya" en Hindou, se porte entre les deux sourcils, au niveau du 3ème oeil et pas au milieu du front. Sa traduction veut dire "goutte" ou "point".  Il est noir pour les femmes célibataires et rouge pour les femmes mariées. C'est un symbole de bonne fortune. Il existe des bindis en bijou de toutes les couleurs que l'on colle directement sur la peau qui n'ont rien de religieux.

2. Les bracelets aux chevilles se portent par paire. Si vous allez en Inde et que vous n'en portez qu'une seule les Indiennes vous demanderont pourquoi. Si vous portez deux bracelets mais qui ne sont pas identiques vous aurez droit à la même question "pourquoi?". Le plus souvent ils sont en argent, avec des grelots ils permettaient d'annoncer qu'il y avait une femme dans les alentours. La cheville comporte le méridien de la vessie et des organes reproducteurs, plus le métal porté est pur plus la femme sera fertile, il est aussi dit que ça calme les douleurs menstruelles.

3. Les bagues aux orteils (appelées Bichiya en Hindou)  sont généralement réservées aux femmes mariées et vont par paire. Elles sont aussi en argent et portées sur le deuxième orteil, signe de fécondité. De manière générale la tradition Hindou n'autorise pas le port de l'or en-dessous de la ceinture, donc la plupart des bijoux de pieds et chevilles sont en argent pur.

4. Le Mala - généralement le mala doit être offert. C'est un collier que l'on peut comparer au chapelet et qui devrait comporter 108 perles faites de bois de rose par exemple ou en perles. Il sert à chanter les mantras 108 fois, on l'égrène à chaque passage. Si l'on suit les préceptes de la tradition yogique vous ne pouvez pas chanter n'importe quel mantra, le mantra doit être présenté à l'étudiant de la bouche à l'oreille par votre "gourou" ou enseignant.

Bonne semaine!

- Namaste -